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Berceau de la valse française

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Les PatineursLa famille Waldteufel, célèbre famille de musiciens, a ses origines à Bischheim. A la fin du XVIIIème siècle la ville a accueilli dans ses murs le patriarche Moyse Lévy, pauvre violoniste. Parmi ses descendants, le plus illustre fut Emile Waldteufel, roi de la valse française. Auteur de près de 300 compositions, il a signé l'une des plus belles valses du monde, « Les Patineurs ». Au cœur du vieux Bischheim, la rue où se situe la maison familiale porte le nom des Waldteufel.

Pour rendre hommage à la célèbre famille, une place est dédiée aux « Patineurs ». Au sein de L'Espace Waldteufel, des noms ont été empruntés à d'autres mélodies : « La Voûte Etoilée » pour la maison de retraite, « La Barcarolle » pour la résidence, « Les Tambourins » pour la mini-crèche, « Arc-en-ciel » pour la maison des aînés.

Emile Waldteufel

Emile WaldteufelSes valses sont comme les chansons : on les chantonne indéfiniment mais on oublie qui les a écrites. Ainsi s'est estompé le nom d'un des plus prolixes et des plus grands compositeurs de valses : Emile Waldteufel... Il est en quelque sorte notre "Strauss français".
Emile Waldteufel est né le 9 février 1837 à Strasbourg. Sa famille était originaire de Bischheim. En effet, son grand-père Moyse Lévy, dit "Waldteufel", s'était établi en cette ville comme colporteur-musicien. Son fils, Lazare Lévy, violoniste de son état, vint quelque temps plus tard à Strasbourg, où naîtra le petit Charles-Emile, notre compositeur de valses.
Issu donc d'une lignée de musiciens profondément attachés à l'Alsace, Waldteufel saura gravir tous les échelons de la vie musicale, du Second Empire à la IIIème République, sans rien perdre ni de sa grande modestie, ni de sa fidélité à sa patrie.

Elève au Conservatoire de Paris, le petit Emile fut d'abord l'ami et le condisciple de Massenet. Puis, en 1853, tandis que le prince Napoléon se proclame Empereur des Français et qu'il épouse la comtesse Eugénie de Montijo, notre Emile Waldteufel fait la connaissance de Charles Gounod, qui le guide dans les salons de la duchesse de Mouchy et des Tallerand-Périgord, le présente à la princesse Mathilde. Prosper Mérimée fera le reste : il introduit Emile Waldteufel auprès de la Cour... Son charme et son talent y feront merveille. Quelque temps plus tard, en 1865, Waldteufel est nommé "pianiste personnel de l'Impératrice Eugénie et professeur de piano du Prince Impérial". Il accompagne dès lors la Cour à Compiègne, à Biarritz, gagne la confiance de l'Empereur et de son épouse, au point qu'il devient "l'âme des soirées impériales". Emile Zola le décrit alors comme un "génial fabriquant de valses".

Hélas, en avril 1871 vient la défaite de Sedan, la chute de l'Empire et la perte de l'Alsace. Grâce à l'opportunité qui fut donné par le Traité de Francfort, Emile Waldteufel choisit cependant de rester français.
Mais la carrière d'Emile Waldteufel est loin d'être terminée. En 1874, au château de Mello, il rencontre le Prince de Galles, futur Edouard VII, auquel il dédie une valse. Ce sera pour lui un nouveau départ. Par la suite, Emile Waldteufel traversera tous les régimes, rencontre Johann Strauss, compose valse sur valse. Le président Mac Mahon le nomme "Chef des bals de l'Elysée", puis en 1889, consécration suprême, "Chef des grands bals de l'Opéra de Paris".

Emile Waldteufel s'éteindra à Paris en 1915. Il composa plus de 293 suites de valses, dont chacune comprend au moins six ou sept petites valses. Les plus célèbres sont la valse "Amour et Printemps" (qui fut l'indicatif du "Ciné-Club" à la télévision) et la "Valse des Patineurs". Malheureusement, peu de personnes en connaissent l'auteur. N'est-ce pas injuste ? Ainsi, en musique, nous sommes un peu les Monsieur Jourdain de Molière, qui faisait de la prose sans le savoir : sans le savoir, nous sifflotons les mélodies d'un grand compositeur français, Emile Waldteufel, et nous ignorons son nom. Quelle tristesse ! Il est donc grand temps de rendre justice à Emile Waldteufel, ce grand compositeur et cet homme merveilleux qu'il fut, toujours resté fidèle à sa chère Alsace et à ses origines Bischheimoises.

Alexandre Sorel

Oeuvres majeures

- Térésa (Antoinette), valse, op. 133 (1864)
- Mello, valse, op. 123 (1866)
- Dans le champs, polka-mazurka, op. 125 (1868)
- Bien aimés, valse, op.143 (1875)
- Entre nous, valse, op. 144 (1876)
- Violettes, valse, op. 148 (1876)
- Mon rêve, valse, op. 151 (1877)
- Pomone, valse, op. 155 (1877)
- Les Sirènes, valse, op. 154 (1878)
- Très Jolie, valse, op. 159 (1878)
- Pluie de diamants, valse, op. 160 (1879)
- Ma charmante, valse, op. 166 (1879)
- Dolorès, valse, op. 170 (1880)
- Chantilly, valse, op.171 (1880)
- Solitude, valse, op. 174 (1881)
- La Source, valse, op. 180 (1882)
- Les Patineurs, valse, op. 183 (1882)
- Estudiantina, valse, op. 191 (1883)
- España, valse, op. 236 (1886)
- Coquetterie, valse, op. 218 (1887)
- Rococo, polka, op. 232 (1888)
- Vision, valse, op. 235 (1888)

Extraits audio

- Page web proposant un medley de morceaux composés par Emile Waldteufel.

- Divers extraits sur le site du chef d'orchestre Marc-Antoine Pingeon, qui se consacre depuis plusieurs années à la tradition oubliée de la valse française et à son illustre représentant Emile Waldteufel (extraits piano solo et avec l'Orchestre de salon Eugénie).

Quelques extraits de morceaux de Waldteufel par l'Orchestre Eugénie, qui s'attache à faire revivre les oeuvres de salon et de bal de la fin du 19ème et du début 20ème siècle.

 Bibliographie - Discographie

 
 
 
 

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