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L'histoire de Bischheim

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Les origines

armes-des-boecklinLa présence de l'homme sur le site de Bischheim serait ancienne. En effet, des débris de poterie remontant à la période néolithique (4000 à 2000 av. JC) ont été retrouvés. Plus tard, des habitations se succédèrent sur l'actuel site de l'église protestante (le point culminant du vieux village), tels que l'attestent des objets retrouvés et remontant à l'âge de bronze (1800 - 800 av. JC), aux périodes celtiques, romaines, alamanes et franques.

Après sa victoire à Tolbiac en 496, Clovis fut baptisé par Saint Rémy, évêque de Reims, qui reçut alors, en gages de son affection, deux villages du Wasgau, les actuels Bischheim et Bischoffsheim. Cette épisode donna lieu à la première mention écrite du village (testament de Saint Rémy de 530). Vers l'an 1100, le village fut rattaché à l'évêché de Strasbourg, puis vendu en 1411 aux Boecklin de Boecklinsau, une famille des plus anciennes, des plus nobles et des plus puissantes de l'Alsace féodale. Ils furent les seigneurs de Bischheim jusqu'en 1790.

Le XVIe siècle

Au moment de la Réforme, les Boecklin y adhérèrent. Les habitants de Bischheim restèrent cependant résolument catholiques, ce qui leur valut l'honneur d'accueillir Charles Quint. Le 19 septembre 1552, l'empereur visita Strasbourg, qui avait embrassé la Réforme, et pour ne pas « passer la nuit dans cette communauté d'hérétiques » dormit chez le bourgmestre de Bischheim. La commune fut finalement convertie au protestantisme en 1555 en vertu du principe tel prince, telle religion (cujus regio, ejus religio) issu de la paix d'Augsburg.

Le XVIIe siècle

La Guerre de Trente Ans apporta son cortège de sinistres heures à la commune. En 1621, le Comte Peter Ernst von Mansfield arriva en Alsace avec son armée. Protestant, il prétendit vouloir soutenir ces derniers, mais les exactions de ses mercenaires lui valurent la défiance des protestants de Strasbourg. Il s'abattit alors avec sauvagerie sur le village protestant de Bischheim. Le Traité de Westphalie en 1648 mit fin aux hostilités. L'Alsace fut rattachée à la France. Tel ne fut pas le cas de Strasbourg et de Bischheim, propriété de l'évêque, Prince du Saint-Empire Romain Germanique. L'annexion à la France intervint en 1681 après la capitulation de Strasbourg face aux armées de Louvois. Louis XIV, pourfendeur de la Réforme, fera tout pour redonner au catholicisme son importance. L'église de Bischheim rouvrît ses portes à la religion romaine en 1692. S'ouvre alors une période de coexistence tendue entre les deux mouvances chrétiennes.

La communauté juive

En 1636, apparaît, par ailleurs, la première mention écrite d'une communauté juive à Bischheim, qui fut longtemps l'une des plus importante de Basse Alsace. Sa présence pourrait toutefois remonter à la deuxième moitié du XIV° siècle. Le pogrom de 1349 et l'interdiction d'y établir domicile ont vraisemblablement été les causes du replis des juifs de Strasbourg vers Bischheim. Du XVIII° à la première moitié du XIX° siècle, la communauté se développa fortement abritant une synagogue, un cimetière et une école rabbinique. En 1836, elle représentait près du tiers de la population avec 826 membres. A la fin du XIX° siècle, son importance déclina. A la veille de la seconde guerre mondiale, elle ne compta plus que 149 membres dont 27 furent victimes de la Shoah. La communauté se reconstitua cependant après la guerre, notamment avec l'installation de familles juives d'Afrique du Nord après 1962. Une nouvelle synagogue fut inaugurée en 1959.

facsimileEn 1664, un recensement du ban communal fut entrepris par Wolfgang Jacques Boecklin de Boecklinsau. On y dénombra alors 86 maisons réparties en huit rues sur 6 ha. La population était alors d'environ 400 habitants.

Le XIXe siècle

Lors de la déroute de Napoléon Bonaparte, Bischheim subit la présence des cosaques et des kalmouks venus assiéger Strasbourg en janvier 1814. En juin de l'année suivante, dix jours après la défaite de Waterloo, le Général Rapp mena vainement une bataille contre la coalition menée par l'Autriche entre Souffelweyersheim et Hoenheim.
Coïncidence ? 1852 fut l'année de l'inauguration de deux voies nouvelles de communication passant par Bischheim. La première est le canal de la Marne au Rhin, reliant sur 315 km Vitry-le-François à Strasbourg. D'une profondeur initiale de 1,60 m, son enfoncement a été porté à 3,20 m en 1970 de sorte à permettre le passage de péniches de 350 tonnes même en période d'étiage. La seconde est la ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg. Le train inaugural du 18 juillet sera un signe avant-coureur de la profonde transformation en grande cité ouvrière que va connaître au fil des années le petit village rural.

ateliers-trainEn 1870, lors du siège et du bombardement de Strasbourg, l'artillerie prussienne s'installa à Hausbergen, Schiltigheim et Bischheim. La riposte de l'artillerie française se solda par une trentaine de maisons endommagées et son cortège de victimes. Le traité de Francfort de 1871 annexa l'Alsace et la Moselle à la Prusse. C'est une main de fer qui prit le destin de la région, mais une main progressiste. Au cours de la période qui suivit, Bischheim connut une modernisation sensible dans tous les domaines : construction d'infrastructures (gare ferroviaire, bureau de poste, tramway, écoles...), amélioration de l'habitat (eau courante, assainissement, électricité, gaz de ville...), progrès sanitaires (vaccinations, médecine scolaire...).
Le développement du réseau ferroviaire et l'accroissement du parc de machines nécessitèrent de délocaliser la rotonde de Cronenbourg. C'est Bischheim qui fut choisie pour accueillir, en 1879, les nouveaux ateliers de réparation du chemin de fer. Dans un contexte de pauvreté, les ateliers constituèrent un miracle économique et une merveille sociale pour la commune et ses habitants. Les ouvriers bénéficiaient de nombreux avantages (salaires et horaires de travail décents, assurance maladie, pensions de retraite, congés payés, etc...). Au début du XX° siècle, les ateliers occupaient 1800 ouvriers. Toute médaille ayant son revers, ils étaient source de progrès, mais également de difficultés liées à une croissance démographique anormale de la ville (doublement de la population en 15 ans) mais également à l'arrivée de familles pauvres dans l'attente de lendemains meilleurs.

Les ateliers, rebaptisés il y a peu Établissement industriel de maintenance du matériel de Bischheim (EIMM), firent (et font encore) l'objet de constantes modernisations. Actuellement, ils assurent la maintenance des rames de TGV. C'est ici même qu'a été conçue rame TGV qui a battu le recours de vitesse sur rail au printemps 2007. Bischheim accueille également, avec les communes voisines, la gare de triage de Hausbergen, inaugurée en 1906, et qui s'étend sur 100 ha.

s'Wisse Ressel

enseigne-cheval-blancC'est est un nom évocateur pour le Bischheimois : auberge, carrefour mais aussi lieu de rencontres. Il est situé à l'intersection de deux axes structurants de la ville : l'axe nord-sud formé par la route de Bischwiller et l'axe est-ouest formé par l'avenue de Périgueux et la rue du Général Leclerc. Son nom provient cependant d'une auberge éponyme implantée probablement vers 1730. Pendant deux siècles, ce lieu a constitué le coeur social et convivial de Bischheim. L'auberge a laissé place, en 1968, à un complexe moderne abritant des logements et la salle des fêtes du Cheval Blanc.

Le XX° siècle

Après l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie en 1939, la France décréta l'évacuation de 230 000 habitants de la région de Strasbourg. Cela concerna entre 8 et 9000 Bischheimois qui furent accueillis dans plusieurs villages de Haute-Vienne, laissant derrière eux une ville déserte. Durant la période d'occupation nazie (1940-1945), la ville de Bischheim a été fondue dans la Grossstadt Strassburg. Au cours des combats de libération (novembre 1944) et la contre-offensive nazie (janvier 1945), la commune a été gravement bombardée.

Les dommages consécutifs à la guerre, mais également une forte expansion de la population, qui augmenta de plus de 30% entre 1954 et 1975, furent à l'origine des vastes chantiers de reconstruction dans les années 50 puis de construction au cours des deux décennies suivantes.

Une loi de 1966 créa la Communauté Urbaine de Strasbourg et y intégra Bischheim. La CUS compte actuellement 28 communes membres.

 
 
 
 

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